MONTEUR SUPERVISEUR CHEZ CBE, UN METIER QUI EN VAUT LA PEINE

CBE Group fête ses 33 ans en mars 2020, et peut s’enorgueillir d’avoir encore parmi ses effectifs des salariés de la première heure. Jean-Philippe Menuet, technicien-superviseur de montage sur site, a participé aux premiers projets de tunnel gagnés par l’entreprise. Nous avons voulu en savoir plus sur sa vision du métier et sur ses souvenirs sur chantier.

 

Jean-Philippe, pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel ?

J’ai un BEPA agricole, mais j’ai fini par atterrir dans la mécanique. Après une formation de soudeur, j’ai été embauché et j’ai pu réaliser des missions pour des centrales nucléaires, à Metz, à Chinon aussi. J’avais à cette époque 5-6 personnes sous mes ordres, on travaillait dans la salle des machines... Mais j’ai fini par revenir à l’Ile Bouchard chez MSC, l’entreprise qui m’employait depuis le début. Après quelques missions sur Paris, MSC, devenue MSCO, m’a rappelé pour remplacer le chef d’atelier. On m’a proposé de commencer à travailler sur les moules et de faire de l’armement. J’avais 28 ans quand j’ai commencé à travailler sur des chantiers tunnels.

Notre petite équipe réalisait du matériel pour carrousel, des trémies, des transbordeurs. L’équipe a grandi, et pendant 15 ans j’ai été Responsable d’Atelier à l’Ile Bouchard pour CBE, le nouveau nom adopté par MSCO.

Je partais souvent en déplacement : j’ai monté un premier carrousel au Maroc, et j’ai continué à m’occuper des chantiers extérieurs. A l’époque, c’était l’euphorie en Espagne, qui bénéficiait des subventions de l’Europe : j’ai dû y monter 27 carrousels ! Je m’occupais de tous les chantiers. Pour celui de Guadarrama, en 2001, j’ai géré le montage des 4 usines, avec 2 sous-traitants (photos du chantier ci-dessus). J’ai fait le tour de l’Espagne, de Barcelone à Malaga, en passant par les Asturies.

J’ai aussi été responsable du Customer Service, mais j’y suis resté seulement deux ans. Les bureaux, très peu pour moi. Je suis retourné sur le montage, en étant parti 240 à 260 jours à l’année. C’est compliqué pour gérer sa vie de famille, mais on s’en sort très bien.

Au quotidien sur un chantier, comment se déroule votre travail ?

Aucune journée n’est pareille. On arrive, on va rencontrer le client, on voit comment l’équipe se constitue. Ensuite c’est le début du traçage du carrousel au sol, puis c’est la répartition des postes. Idéalement, on compte 20 personnes pour le montage d’une usine, et cela demande toujours beaucoup d’organisation en amont.

Une étape importante à notre arrivée, c’est l’inventaire de toutes les pièces : il faut vérifier que tout est là avant de lancer le chantier. Mon rôle, c’est de gérer ces équipes que je mets en place, aussi bien sur l’étuve que sur le montage des rails. J’ai aussi une équipe sur le bétonnage, ainsi que deux personnes plus un cariste qui approvisionnent les différents postes.

Vous êtes un vrai chef d’orchestre ! La gestion de la sécurité fait-elle aussi partie de vos tâches ?

Bien sûr ! Sur Calais en 2016, je passais 1h30 tous les jours à m’occuper de la sécurité. Sur un chantier, on pense toujours par équipe, et il faut assigner à chacun son rôle : soudures, utilisation de la meule, tout est source de risque, donc il faut bien expliquer les dangers avant de démarrer.

 

L’organisation, c’est primordial, cela représente 50% de la réussite du montage. Tous les matins, sur les chantiers, je fais « la messe » à mes équipes : on perd peut-être un peu de temps, mais je leur parle des risques qui peuvent arriver dans la journée, concernant leur poste de travail, pour qu’ils fassent attention. Le soir, j’emmène mes plans à l’hôtel, et j’essaie de prendre le plus d’informations possibles, pour que le lendemain matin, je n’aie pas à chercher quoique ce soit.

Au début des années 2000, je mettais 5 semaines pour monter un carrousel, on faisait tout de A à Z. Maintenant tout est plus morcelé et de nombreux sous-traitants rentrent en compte. Attention, on est encore capable de monter mécaniquement un carrousel classique en 5 semaines, mais évaluer le juste temps de pose est devenu un exercice difficile.

Quelles qualités doit-on avoir pour faire ce poste ?

Avoir le sens de l’organisation, aimer son travail aussi. Il faut accepter de s’impliquer, cela demande beaucoup d’investissement. Pour les langues, c’est autre chose : je suis parti, je ne parlais ni l’anglais, ni l’espagnol. J’ai tout appris sur le tas. On devient les rois du mime ! Quand les gens en face font le même métier que nous, souvent un métier manuel d’ailleurs, il suffit de leur faire un geste précis pour qu’ils le reconnaissent immédiatement. Avec tous les carrousels que j’ai montés en Espagne, je parle mieux espagnol maintenant qu’anglais. Je retrouve aussi certains clients sur plusieurs chantiers, on se connaît et on arrive à échanger. Certains clients, ou leurs équipes, ne parlent parfois même pas anglais. On doit faire preuve de débrouillardise, il faut aussi beaucoup d’autonomie.

Est-ce qu’on voit souvent le client ?

Oui, tous les jours, à la fin de la journée, pour faire le point sur tout ce qui a été fait. Il faut être diplomate, mais rester franc avec lui. Ca se passera toujours bien si on est honnête avec lui.

Comment le poste a-t-il évolué au fil des années ?

Installer un carrousel il y a 30 ans, c’était différent. Tout était monté sur place, l’hydraulique, une partie de la mécanique. Maintenant, c’est pré-monté. J’aimais bien avant, parce qu’on apprenait pas mal de choses. Je sais tout monter, mécanique, électrique... Sur un projet à Johannesburg, j’ai fait l’électricité sans avoir besoin de faire venir les électriciens.

Un conseil à donner à un jeune qui débute ?

Avoir du courage ! Les méthodes de travail ont changé et c’est parfois difficile, les mentalités sont différentes. Un jeune doit aimer ce qu’il fait. Maxence, un jeune monteur recruté par CBE, était toujours avec moi sur place pour sa formation l’année dernière. Je lui expliquais tout ce que je faisais. La transmission, c’est très important dans ce métier. C’est important d’avoir envie, de se sentir impliqué. On n’aura pas une vie standard avec le métier de monteur, mais ça en vaut la peine.

CBE Group, expert en solutions pour le tunnel, vous propose du sur mesure pour l'optimisation de votre projet. N’hésitez pas à nous contacter ou nous demander un devis.

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